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François de Prades et Jean Martin de Prades

Conférence le 17 avril 2024 par Jordi Passerat à 18h   

      A l’invitation de l’ASPC, Jordi Passerat s’est attaché à faire découvrir ou redécouvrir, à un auditoire attentif et curieux le destin peu connu et peu relaté, de ces deux figures de notre cité. Quoi de mieux donc, que d’évoquer in situ la vie et l’œuvre de François de Prades et de Jean Martin de Prades.

      Tous deux se situent dans la lignée d’une famille enracinée depuis cinq siècles dans la région, mêlée à l’histoire locale par trois consuls au 17e siècle, des docteurs en droit ou juges, des officiers, des docteurs en théologie et simples clercs réguliers ou séculiers, jusqu’au dernier maire de l’Ancien Régime.

François de Prades est né à Castelsarrasin en 1693, il fait des études universitaires à Toulouse et obtient la cure de Montaigu sur Save. Par la suite il est nommé curé de Saint Sauveur à Castelsarrasin jusqu’en 1757, date à laquelle il résilie sa charge. N’ayant jamais été un abbé de cour, François de Prades se retire à l’ombre du cloître de Moissac où il terminera ses jours. C’est comme poète, maître de l’ode lyrique, qu’il se fera connaître et sera couronné par l’Académie des Jeux Floraux dont il deviendra Maître ès Art puis Mainteneur (à l’instar de Jordi Passerat). Son œuvre principale, Ode sur la grâce, philosophique et humaniste, sera pourtant censurée, en pleine querelle janséniste. Son nom reste attaché à l’histoire de l’hôpital de Castelsarrasin dont il fut un bienfaiteur.

Son neveu, Jean Martin de Prades est né à Castelsarrasin en juillet 1724 (eh oui, c’est bien le tricentenaire de sa naissance !) Après de brillantes études qui le font accéder à la licence de théologie, il obtient le grade de docteur après la soutenance de sa thèse en Sorbonne. Parallèlement il se lie avec D’Alembert et Diderot et collaborera à l’écriture de l’Encyclopédie, emblème de l’esprit du siècle des Lumières. Son long article ‘’Certitude’’, préfacé par Diderot, où il évoque la primauté des sensations et où il s’interroge sur la valeur des miracles, provoque la réaction des jansénistes et des jésuites. Ils obtiendront que la Sorbonne se déjuge et condamne celui qu’elle venait de couronner. Obligé de s’exiler il obtient, avec le soutien de Voltaire, la place de lecteur royal à la cour du roi de Prusse.

Il obtient sa réhabilitation par le Pape après s’être rétracté et, malgré les jalousies, enchaînera les fonctions prestigieuses auprès du roi de Prusse Frédéric II. Durant la guerre de sept ans, qui oppose la Prusse à la France, il sera calomnié et emprisonné. Libéré en 1763 il est cependant assigné à résidence à Glogow en Silésie et réduit au silence. Il y restera jusqu’à sa mort en 1782.

Castelsarrasin, Paris, les Pays Bas, Berlin : la province, l’université, l’exil, la fréquentation d’un despote éclairé à la cour prussienne ! que de lieux et de milieux traversés, quel destin !